Au sémininaire d'Anagni (1902-1907)

En route vers l'Italie

La route directe de Saint-Pétersbourg à Rome passe par Varsovie et Vienne. Le Père Stislasky qui accompagnait Léonide s'arrêta à Lviw (Lvov, Lemberg, Leopolis) en Galicie alors en Autriche-Hongrie. La majorité des chrétiens étaient de rite byzantin slave, le métropolité était Mgr André Cheptizky, baptisé dans le rite latin comme de coutume dans la noblesse polonaise, il revint au rite byzantin comme moine et prêtre basilien. Le Métropolite désirait l'union entre l'Eor et l'Eglise catholique romaine. Il y avait quelques russes devenus catholiques, comme Sophie Swetchine, Jean Gagarine fondateur des "Etudes", du prince Dimitri Galitzine, la princesse Elisabeth Grigorievna Volkonsky ses enfants, Serge, Grégoire, Pierre, Alexandre et Marie Volkonsky la suivirent. Pierre Volkonsky est l'auteur de la biographie de Léonide Feodoroff. Une autre personne mais à Peter était devenue russe catholique Nathalie Serguéivna Ouchakoff, elle jouissait de l'amitié de l'impératrice Maria Féodorovna veuve du tsar Alexandre III. Le Père Alexis Zertchaninof était devenu catholique dans l'éparchie de Nijni-Novgorod. La moitié de ses fidèles étaient des Vieux-Croyants. Pour ramner ces dissidents à l'EOR il se plongea dans l'étude des Pères de l'Eglise et sa conclusion fut dirrérente que celle espérée, il découvrit que la vraie Eglise était l'Eglise de Rome. Arrêté et enfermé à Souzdal dans un lieu de détention pour mauvais prêtres où il resta deux ans. Il fut libéré et envoyé dans une villa que possédait Ouchazkof près de Peter.

En juillet 1902 Léonide Féodoroff dans l'église du Gesù lit sa profession de foi catholique.

Léon XIII les reçut en audience privée.Il envoya le jeune Léonide à Anagni

Au séminaire d'Anagni

" Mes années d'étude  surtout celles à Agnani me furent une véritable révélation. La vie austère, la régularité, le travail rationnel et profond qui m'y furent demandés, les comagnons pleins de joie et d'entrain non corrompus encore par les écrits athées de l'époque quez j'y fréquentai, le peuple italien lui-même si vivant, si intelligent et pénétré de la civilisation chrétienne véritable, tout cela me remit vraiment sur pieds et m'injecta une énergie nouvelle. La condescendance et la passivité byzantine devant le mal firent place en moi à la noble attitude romaine "pereat mundus, fiat iusticia"

 

Au séminaire d'Agnani j'appris à aimer le peuple et particulièrement notre peuple russe. Je ressentis comme une nécessité impérieuse pour moi de faire quelque chose pour pauvre et humble peuple russe, le peuple ascète ... Mais avant tout mes yeux s'ouvrirent sur l'inégalité qui règne dans l'Eglise catholique entre les divers rites et mon âme s'insurgea contre l'injustice des latins vis-à-vis des Orientaux, contre leur ignorance générale de la culture spirituelle orientale" 

L'Eglise de Jésus-Christ n'est ni latine, ni grecque, ni slave mais catholique. Entre ses fils il n'y a aucune différence. Qu'ils soient latins, grecs, slaves ou d'autres nations, tous jouissent de la même position auprès du Siège aposotolique" (Pie XI in Motu proprio "Dei providentis")

La honte est en effet historique la prise de Constantinople par les Croisés ! Dans la pensée de beaucoup de prêtres catholiques polonais écrit le Père Mailleux dans le livre de référence à ce blog (Entre Rome et Moscou L'exarque Léonide Feodoroff (DDB 1966) comme dans celle de beaucoup de missionnaires latins en Orient, le rite latin était considéré comme le rite catholique par excellence; les autres n'étaient que provisoirement tolérés en attendant que l'unité se fasse dans le rite latin.

L'abbé Stislavsky en bon polonais qu'il était, avait insisté lors de mon entrée au séminaire, pour que j'adopte le rite latin. Enfant timide et tout jeune encore de l'Eglise catholique, je n'avais pas dit non pour ne pas le contrarier. Mais après quelques semaines de séjour au Leonianium, en méditant les instructions du Métropolite Cheptizky, je me rendis compte que mon vrai devoir de catholique était au contraire de rester inébranlablement fidèle au rite et aux traditions religieuses russes. Le Souverain Pontife le voulait très nettement. Ceux qui interprétaient dans un autre sens ses directives formelles se laissaient manifestement aveugler par leur nationalisme et manquaient de sens authentiquement catholique" 

 Evénements graves en Russie 1904-1907

Guerre entre la Russie et le Japon, guerre éprouvante.  http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_russo-japonaise)

En Russie des intellectuel s'oppose à l'autocratie impériale. Le dimanche rouge http://fr.wikipedia.org/wiki/Dimanche_rouge_(1905 

Le 17 octobre Nicolas II accorde, liberté de conscience, de réunion, d'association et l'égalité de tous devant la loi.

La liberté de conscience permet l'ouverture de la première chapelle russe-catholique à Saint-Pétersbourg rue Polozovaja. Le P.Alexis Zertchaninoff  de Nijni-Novgorod y célèbre. Une paroisse russe catholique prend naissance. Le P.Jean Debner de Tobolsk ordonné prêtre par le Métropolite André les rejoint.

On permettait en Russie de construire des mosquées, des pagodes bouddhistes, des chapelles protestantes de toute espèce, toute une série de loges maçonniques et même des églises catholiques de rite latin, mais une église catholique de rite russe, cela jamais! L'attrait eût été trop grand! 

Pierre Volkonksy 

 

 


Un catholique n'éprouve écrit le père Mailleux, généralement pas de répugnance à reconnaître la primauté pastorale de l'évêque de Rome dans l'Eglise: ses souvenirs de l'histoire le portent en fait à considérer Rome comme le centre du monde chrétien De la Pologne à l'Irlande, du Portugal à la Hongrie, les fidèles savent que le message du Christ leur a été apporté jadis par des missionnaires envoyés par Rome. Aujourd'hui encore, ile prient en commun suivant le rite de Rome. Quand ils se rendent en pèlerins dans la cité qu'ils aiment appeler la "Ville Eternelle", ils y retrouvent avec émotion le souvenir non seulement des Princes des Apôtres mais aussi des papes illustres, des fondateurs d'ordres religieux, de nombreux saints et docteurs de l'Eglise . Pour les Russes en revanche, il n'en est pas de même. Ceux-ci savent bien qu'ils sont devenus chrétiens sans l'intervention de Rome: certains diraient même vontiers qu'il le sont devenus  malgré Rome  en ce sens, que, par leurs intrigues et leurs attaques armées, les voisins catholiques de la Russie ont mis maintes fois son christianisme en danger. Le plus souvent, ces considérations d'ordre empirique et temporel prennent le pas sur les considérations spéculatives purement religieuses.

Or de même que le Grec a accueilli le christianisme avec sa sensibilité de philosophe, le Latin avec son amour de la clarté et de la justice, le Russe l'a reçu avec son génie à lui, avant tout un génie d'esthète. Le christianisme russe a revêtu de la sorte un aspect caractéristique qui s'est manifesté tant dans la vie sociale que dans la vie des individus et dont l'expression la plus marquante se trouve dans le rite pris au sans large. le rite byzantin-russe est ainsi devenu aux yeux des Russes orthodoxes, une sorte de patrinoime de famille inaliénable. Que des luthériens, des musulmans et même, à la rigueur, des catholiques latins vivent en Russie, c'était inévitable et, en fait, cela n'importait guère: leur style de vie religieuse faisait voir toute de suite qu'ils étaient étrangers. Mais qu'une confession religieuses sans liens avec la Nation russe et même comme beaucoup pensaient hostile veuille faire siens ce qui était spécifiquement russe, menaçant ainsi de diviser le payus cela semblait inadmissible!

La situation des catholiques de rite latins dispersés dans l'Empire posait cependant au Gouvernement un problème, dans aucune de leurs églises, on ne priait ni prêchait en russe. En fait la langue était le polonais.  

J'ai été rendre visite à Sazonoff, chargé d'affaires de Russie auprès du Vatican. Il m'a reçu aimablement. Je suis resté chez lui presque toute la soirée. Sa conversation revenait sans cesse aux questions éclésiastiques. J'en ai emporté l'impression que le gouvernement russe avait renoncé à toute sorte d'idée d'un catholicisme de rite byzantin. Quant à la difficulté de satisfaires les russes catholiques, il espère la résoudre de la façon suivante. Il revient au projet des "Officia suppletoria" (offices paraliturgiques). Se fondant sur le fait que les polonais et les lituaniens ont ce genre de célébrations. Le gouvernement voudrait ouvrir une église de rite latin où sermons et offices complémentaires seraient en russe. De cette façon, d'une part, il évite le catholicisme de rite byzantin, d'autre part il remédie à la polonisation des catholiques de rite latin. Il se rend bien compte que le peuple - à l'exception de quelques dizaines de milliers de fidèles de la Russie occidentale - ne voudra jamais entendre parler de rite latin et ainsi l'orthodoxie sera sauvée. Bien plus, dans les esprits russes s'ancrera de plus en plus la conviction que catholicisme est synonyme de culture latine puisque tous les catholiques même les non polonais seront latins. Pour atteindre ce but le gouvernement a besoin de prêtres qui sauraient préserver de la polnisation cette Eglise catholique latine. Sazonoff m'a offert une paroisse toute préparée au cas où je voudrais bien exprimer le désir de devenir prêtre de ce type.  J'objectais que malgré les offices complémentaires une pareille Eglise resterait un élément de polonisation, étant donné la forte supériorité numérique des polonais, mais il ne voulut pas le croire. Pour paralyser cette politque il faut toute mettre en oeuvre pour qu'aucun prêtre russe qui embrasse le catholicisme n'adopte le rite latin. De cette façon, le gouvernement se trouvera dans l'impossibilité de réaliser son projet.

Le gouvernement russe refusa le droit à Zertchaninof de résider à Saint-Pétersbourg. Il reçoit l'autorisation de se rendre à Rome et Pie X déclare :

La sainte Eglise ne permettra jamais sans la plus grande répugnance le passage d'un oriental au rite latin.

Léonide reçoit l'autorisation de Rome de rester dans le rite byzantin, c'est une première venant du Vatican la reconnaissance du rite "grec russe catholique" Le curé latin de saint Pétersbourg réagit négativement en coupant les vivres à Léonide en disant " Seuls des gens ignorant de la vie du peuple que "nos bons Français" voient tout à l'envers. Les Russes ne veulent pas de ce rite oriental auquel est associé tout ce qu'il y a de révoltant et de rétrograde pour la Russie"

 

 

 



12/05/2011
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