ICONOSTASE

ICONOSTASE

NOTES HISTORIQUES

En orient, l'autel est comme environné de crainte, inaccessible, invisible, au point qu'on pourrait le croire inexistant. Il a subi une transformation complète: le ciborium avec ses voiles est devenu la muraille, qui sous le nom d'iconostase dérobe aux fidèles la vue des mystères et l'action du sacrifice... Cette cloison remplace les "cancelli" à Constantinople dès l'époque de Justinien. Paul le Silentiaire décrit, en 563, la première iconostase régulière à trois portes.

Les noms: cancelli, diastila, erkos, templon sont remplacés par celui d'iconostase à une date plus récente. Le terme il est vrai se retrouve dans "Codinus" (P.G.T. 157 C.61.) mais avec un sens différent; il s'agit-là d'une sorte de support ou de piédestal dans un appartement du palais pour qu'on y suspende la veille de Noël l'image du Sauveur et d'autres images. 

toute fois cet "eikonostasium" de Codinus explique comment l'accroissement progressif du nombre des images sur la paroi de séparation a amené de nos jours l'usage plus fréquent de ce nom.

 

Iconostase

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Iconostase de l'église de l'Annonciation au Kremlin, Moscou, Russie

Une iconostase est une cloison, de bois ou de pierre, qui, dans les églises de rite byzantin, particulièrement orthodoxes, sépare les lieux où se tient le clergé célébrant (sanctuaire, prothèse et diaconicum) du reste de l'église où se tiennent le chœur, le clergé non célébrant et les fidèles.

Elle cache les célébrants aux regards de l'assemblée pour présenter à leur place des icônes, selon un programme bien précis. Une iconostase est en général considérée comme une porte vers le monde divin.

Il ne faut pas confondre l'iconostase et le jubé, qui sert à séparer le chœur de la nef, dans les Rites de l'Église catholique. Il n'est pas revêtu d'icônes mais il sert d'ambon, de tribune, pour les lecteurs de l'Épître et de l'Évangile.

L'histoire

À l'origine, dans l'Antiquité tardive, une simple balustrade basse, parfois surmontée de rideaux, séparait le sanctuaire de l'assemblée des fidèles. À partir de 843, la restauration du culte des images et la propagation de la doctrine qui l'accompagnait incitèrent probablement à placer des icônes sur cette balustrade.

Mais il semble que l'iconostase se soit développée plus tardivement avec la construction, en Scandinavie et en Russie, d'églises entièrement en bois. Ces églises ne pouvaient pas recevoir sur leurs murs intérieurs de bois le programme de fresques que l'art et la théologie de Byzance avaient élaboré pour des murs de briques et de pierres. On chercha donc à rassembler l'essentiel de ce programme sur l'iconostase.

Entre le XIVe siècle et le XIXe siècle, les iconostases ne cessèrent de se développer. Elles finirent par comporter jusqu'à dix et même quinze registres superposés d'icônes. Le XXe siècle et ses malheurs mirent un terme à cette surenchère et on se contente aujourd'hui d'iconostases plus modestes qui ont l'avantage de moins masquer les peintures murales. Elles ont deux ou trois registres et parfois même un seul, le registre inférieur.

Il est à noter que les Églises des trois conciles utilisent un rideau, parfois flanqué d'une croix qui sépare les célébrants du chœur, il s'appelle le "rideau de Chœur".

Les registres de l'iconostase

Détail de l'iconostase de l'église du monastère de la Panagia Tourliani à Mykonos en Grèce
  • Le premier registre en bas : les grandes icônes
L'iconostase est percée de trois entrées. Celle du centre est fermée par une porte à deux battants qu'on appelle "les portes royales". Elles donnent accès à l'autel et présentent l'image de l'Annonciation avec celles des quatre évangélistes. Sur les deux portes latérales (appelées portes diaconales) figurent les archanges Michel et Gabriel.
À droite (au sud) des portes royales, se trouve l'icône du Christ bénissant. À gauche, celle de la Vierge Marie tenant le Christ. Ces deux images structurent l'espace liturgique et les gestes des participants.
À côté de l'icône du Christ se trouve celle de saint Jean-Baptiste puis d'autres icônes de saints particulièrement vénérés dans l'église.
À côté de l'icône de la Vierge se trouve l'icône de la dédicace de l'église (un saint ou une fête) puis d'autres icônes. L'usage russe place l'icône de la dédicace à côté de celle du Christ et repousse saint Jean Baptiste d'une place[1].
  • Un second registre : les fêtes
On trouve en général au-dessus le cycle des douze grandes fêtes de l'année chrétienne, voir Église orthodoxe, liturgie, calendrier, fêtes.
  • Un troisième registre : la déisis
Le Christ siège au centre entouré de la Vierge Marie à sa droite et de saint Jean-Baptiste à sa gauche. Après viennent les archanges Michel et Gabriel, puis les princes des apôtres Pierre et Paul, puis des évêques, des diacres, la série peut être très longue et répartie sur plusieurs registres.
  • Un quatrième registre : les prophètes
Sur le modèle de la déisis, les prophètes entourent la Vierge Marie du Signe, tenant le Christ.
  • Un dernier registre : les patriarches
Sur le modèle de la déisis, les patriarches de la Genèse entourent l'image des trois anges apparus au chêne de Mambré.

 



27/07/2013
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