Les peintures des icônes et le dogme de l'Incarnation.

La Peinture des icônes et le dogme de l'Incarnation

 

( article de Egon Sendler dans Plamia, N° 80 janvier 1991)

 

Le thème de cet exposé peut éveiller une certaine curiosité, voire l'attente de révélations mystérieuses sur le symbolisme de l'icône, car il s'agit de "peinture et d'incarnation." C'est-à-dire évoquer les deux aspects de l'image de culte, entre lesquels existe une différence essentielle. Le terme peinture évoque l'aspect matériel de l'icône, son caractère le plus humain; celui de l'Incarnation rappelle son plus haut caractère spirituel, l'évocation du Dieu qui se fait homme. C'est dans l'Incarnation que l'icône trouve, selon des définitions du Concile Nicée II sa justification et son existence. Elle devient ainsi un lien entre le monde matériel et le monde spirituel.

 

Cette double nature, unie de façon mystérieuse, explique pourquoi l'icône pose tant de questions. Le rapport peinture de l'icône et dogme de l'Incarnation est peut-être la question la plus importante : " Comment est-il possible que le Divin puisse trouver son expression dans une forme matérialisée?"

 

La peinture de l'icône inclut deux aspects : d'une part, les matériaux et les procédés de la technique, - et d'autre part, leur transformation en oeuvre d'art par l'artiste, inspiré par sa vision intérieure.

 

A propos de l'image sacrée, on est tenté de se demander, si la matière de cette image n'a pas une signification symbolique ou bien une dimension ontologique qui la prédestine à sa fonction.

 

Symbolisme des couleurs.

 

En ce qui concerne les matériaux, il semble que les réflexions des penseurs de l'antiquité et ceux du haut Moyen Age n'aient pas eu beaucoup d'influence sur les théologiens de l'image pendant la période iconoclaste.

 

Les questions de la technique ou du sens symbolique des couleurs n'étaient pas une préoccupation majeure pour les défenseurs des images pendant la période iconoclaste.

 

Aussi, tout ce qui concerne les procédés de la technique n'est pas déterminé ; la technique à l'encaustique dominante avant le IXe siècle, doit céder la place à la tempera à l'oeuf, technique qui est encore aujourd'hui la règle. De même, les Pères du deuxième Concile de Nicée admettaient toutes les techniques connues, la peinture, la fresque, la mosaïque, au même rang la cire, le métal et le bois, bien que les oeuvres dans ces matières soient proches des sculptures et reliefs utilisés dans les religions idolâtres. Donc, ce n'est pas la technique qui est objet des travaux du Concile, mais la nature de l'image sacrée. (1)

(1) Gervais Dumeige, la Foi catholique, l'Orante, Paris 1969 pp: 319-320

 Il faut souligner que la technique byzantine est loin d'être homogène et fixée une fois pour toutes. Au cours des siècles, aux pigments habituels on ajoute de nouveaux pigments importés, quelque fois de pays lointains, qui deviennent à leur tour caractéristiques d'une époque ou d'une école. ainsi, la palette du style des Comnènes est très différente de celle de Novgorod ou de Moscou. Ou, par exemple, dans les monastères de Roumanie, on a constaté, que chaque église est peinte selon une autre variante de la technique des fresques.

 

Symbolisme de la technique.

 

De nos jours, dans certaines publications, ont peut remarquer une tendance à donner à chaque détail de la technique un sens symbolique ; tous les éléments de l'univers participeraient ainsi à la peinture de l'icône. Le monde minéral dans l'albâtre de fond et dans les pigments : le monde végétal dans le bois et la toile: le monde animal dans la colle et le liant pour les couleurs, le jaune d'oeuf; et finalement l'homme qui se sert de tous ces éléments pour exprimer l'idée, le contenu de l'image qu'il a reçue par la révélation de Dieu. Ceci est juste et beau, mais nous n'avons pas de témoignages établissant que cette conception de la peinture était présente à l'esprit des hommes des siècles passés. D'ailleurs, cela vaut aussi de l'art profane.

 

Nous savons aujourd'hui que le phénomène de la couleur a des aspects différents qui ont leur rôle pour une utilisation symbolique. Le bleu, par exemple, crée de la profondeur et en même temps il calme. Ainsi, il peut prendre une sens transcendental. Sa longueur d'onde , sa relation avec l'espace (il crée la distance) et son action psychologique sur le spectateur, en font une expression du monde divin.

 

Mais il faut aussi constater, que, dans les différentes cultures de l'ancien monde, une couleur donnée peut avoir un sens variable. A ceci s'ajoute encore l'influence du principe des antinomies, qui est important pour l'oeuvre de Denys l'aréopagite (2) selon ce principe chaque couleur aurait une double

(2) Denys l'Aréopagite, La Hiérarchie céleste, traduit et annoté par Maurice de Gandillar (Sources chrétiennes, N° 58), Le Cerf, Paris, 1958, pp: 183 et 187

signification, une positive et une négative; par exemple, le rouge signifie le feu de l'Esprit-Saint mais aussi celui de l'enfer. Et finalement, les principes de la polychromie rend le phénomène des couleurs encore plus compliqué: déjà les mosaïques de Ravenne montrent une maîtrise surprenante dans l'utilisation des couleurs complémentaires, et ceci malgré l'absence d'une théorie.

 

Ainsi, quand à la fin du IXe siècle, le canon de l'art byzantin se fixe, nous ne savons pas de façon précise, comment il s'est formé ni quelle est la signification exacte de ses détails.

 

Pourtant, il y avait des tendances symboliques dans l'iconographie byzantine. On  sait, qu'avant la crise iconoclaste, il y eut des gens qui ajoutaient à Byzance, des fragments de peinture d'icônes aux saintes espèces de la liturgie. En Russie, en milieu vieux-croyants, on voulait représenter sur la planche l'homme dans toute sa réalité physique : d'abord on peignait son squelette, puis par-dessus la chair et finalement les vêtements. Un autre procédé consistait à peindre la figure humaine sur un fond d'or, bien que les couches superposées ne laissaient pas passer le rayonnement de l'or. Pour justifier cette technique, on disait que l'or représente la gloire de Dieu à laquelle les saints participent.

Tous ces procédés ont-ils rendu l'icône plus sainte? Ont-ils approfondi le sens théologique de la représentation, ou ont-ils enrichi la valeur artistique de l'image ?

 

Symbolisme "historique"

 

Mais malgré la décision du Concile Quinisexte, qu'il ne faut pas représenter le Christ par un symbole, c'est-à-dire, en forme d'agneau, mais dans sa figure humaine, le symbole n'a pas disparu dans l'iconographie byzantine. C'est un symbole pour ainsi dire "concret", basé sur les sources littéraires et d'abord bibliques qui joue un rôle important sur les icônes. Il apparaît partout, où la forme figurative ne peut pas exprimer une dimension transcendantale. Ainsi le trône exprime le pouvoir du Fils de Dieu ou de sa Mère, le livre de la parole ou le jugement de Dieu, le nimbe la sainteté, à voir l'existence du saint dans la lumière incréée de Dieu. Et comme ces signes sont inaptes pour exprimer la divinité du Christ, on fait recours aux paroles de l'Ecriture, en inscrivant dans la croix l'auréole le titre révélé à Moïse devant le buisson ardent : "Je suis celui qui suis", nom qui est à l'origine de tous les noms. Ainsi, les saints portent sur les icônes leur nom individuel. De cette façon, la forme figurative trouve son aboutissement dans l'Ecriture. La matière en soi n'a pas d'autres fonctions et de sens que de servir, et elle n'a pas d'autres valeur que la dignité d'une créature de Dieu. C'est par le travail de l'iconographe que les matériaux de la peinture reçoivent une signification.

 

D'autre part, on peut voir, par une approche phénoménologique, les étapes de la peinture comme un processus qui ressemble à une montée vers la lumière : tout est ordonné à cette lumière sur l'icône. Sur une planche solide est appliqué un fond blanc qui reçoit le dessin et les premières couches de couleurs,  d'un ton profond , sur lesquels apparaît, selon des formes de plus en plus claires, le modelé du personnage et de sa face. Ainsi, la lumière surgit de toutes les couleurs sans laisser d'ombres.

 

Et c'est par des traits de blancs sur le modelé des visages et des vêtements, que le personnage commence à vivre. L'icône présente au spectateur une vision d'un monde différent de la nature terrestre : depuis les premiers siècles, on observe dans l'art chrétien la tendance à éviter ce qui peut produire une illusion de la réalité : l'espace représenté s'ouvre vers le spectateur, le corps humain apparaît comme à plat, sans la pesanteur de la matière, les couleurs obéissent aux lois de la polychromie, la lumière n'a pas de source, elle vient de l'intérieur. Et, malgré ces transformations, les lois des formes créées sont respectées, la figure humaine garde sa beauté et sa noblesse.

 

Malheureusement, de cette évolution, telle qu'elle s'est poursuivie, surtout dans l'iconographie byzantine, nous n'avons pas de source qui indiqueraient les principes d'une esthétique chrétienne, ou un sens symbolique.

 

Il faut se demander, quelle est la signification du lange byzantin dans le quel les icônes parlent. Vers le XVI e siècle, ce langage commence à se perdre, et plus tard, il est remplacé par les formes de l'art occidental : l'espace s'ouvre dans l'illusion d'un paysage, les couleurs ressemblent à la nature, et la lumière produit un effet de théâtre, et les visages perdent leur caractère universel pour s'approcher du portrait. Et pourtant, nous avons l'impression que ces pauvres peintures mal peintes et mal dessinées sont encore des icônes, en tout cas, pendant des générations, les fidèles les vénéraient encore comme telles. Donc ce n'est pas l'esthétique qui leur donne la caractère sacré, mais le contenu théologique, le reflet du prototype.

 

L'iconographe

 

Et le lieu où se fait l'union entre la forme matérialisée et la vérité de la foi, est l'iconographe même, car ses mains obéissent à la vison intérieur de l'image. Mais ceci est aussi vrai pour toutes les créations artistiques de l'homme, elle est toujours un point de cristallisation entre l'esprit et la matière.

 

Mais alors, où donc est la caractère spécifique de l'icône?

 

Elle appartient au domaine de la révélation, elle prend son origine dans l'Eglise, où l'incarnation du Verbe continue à se réaliser.. De ce fait, l'oeuvre de l'iconographe n'a pas seulement une dimension intellectuelle, théologique ou artistique, mais, comme la Parole de l'Ecriture, elle a une dimension ontologique, elle appartient à la substance de l'Eglise même. (Bien entendu, non pas au même titre que l'Ecriture mais en référence à elle.) L'icône devient image officielle du culte, lieu de communion spirituelle pou ceux qui la regardent. Et l'Eglise attend de l'iconographe, malgré ses limites et ses fautes, des qualités artistiques et spirituelles, qui le rendent digne de cette tâche.

 

Pourtant, il faut noter que les pères du Concile Nicée II n'ont pas touché aux questions concernant la personne de l'iconographe. Il se peut qu'ils aient voulu surtout définir la nature surnaturelle de l'image, question majeure du concile, soulignait déjà assez la dignité et l'importance de celui qui peignait.

 

C'est seulement à partir du XVIe siècle, qu'en Russie, au temps d'une crise profonde à cause de l'influence occidentale dans la vie de l'Eglise et aussi de l'iconographie, que plusieurs documents parlent des icônes et de l'iconographe. 

   Message à un iconographe, peut-être de Joseph de Volokolamsk. Concile des Cent chapitres à Moscou 1551 Concile de 166/7, Moscou.

C'est surtout le chapitre 43 du Concile de Moscou en 166/7 qui trace un beau portrait de l'iconographe sans passer sous silence les vices de l'époque, contre lesquels il met en garde ses contemporains. Ce qui semble une règle de comportements de l'iconographe, trouve sa justification dans l'image sacrée même dont il est l'interprète. (4)

(4) On trouvera ce texte en annexe. Extrait de "Le Stoglav ou les Cent chapitres" Recueil des décisions de l'Assemblée ecclésiastique de Moscou, 1551 Traduction avec introduction et commentaire par E. Duchesne, Paris, 1920 pp 133-136

C'est pour être sensible à l'appel de la grâce qu'il doit vivre selon les commandements de Dieu et les béatitudes. C'est par la vie liturgique à laquelle il participe, par les offices, le jeûne et la confession qu'il purifie son âme et son corps pour se préparer à la vision de la Face du Seigneur.

 

C'est par son sens des richesses spirituelles de l'Eglise, corps mystique du Christ qu'il se soumet aux canons et accomplit son oeuvre, fidèle à la Tradition

 

Il est étonnant de voir aussi dans tous ces documents, avec quelle insistance on exhorte les responsables, surtout les évêques, de ne pas permettre des images mal faites, de veiller à la formation des élèves. Oui, il faut sauvegarder la qualité des deux éléments : la qualité du travail - le talent, l'expérience et le savoir. - et la qualité de la vie intérieure, car c'est dans la main de l'iconographe que sont remises les deux réalités : l'art de la peinture et la vérité de l'incarnation, s'y unissant comme dans un cristal.

 

Egon Sendler dans Plamia Janvier 1980, N° 80

 

 Annexe

 

Réponse de l'Assemblée sur les peintres d'icônes et sur les icônes véritable.

 

Conformément aux ordres du Tsar, dans la ville souveraine de Moscou, dans toutes les villes, le métropolite, les archevêques, les évêques surveilleront l'exercice du culte, et surtout les saintes icônes et les peintures d'icônes. et s'assureront que tout est conforme aux règles sacrées. Ils détermineront les obligations des peintres d'icônes, diront suivant quelles règles ils doivent figurer la représentation charnelle de Dieu Notre-Seigneur, de Jésus-Christ notre Sauveur, de sa Très chaste Mère, des puissances célestes, de tous les saints qui, de tout temps, ont su complaire à Dieu.

 

Le peintre doit être plein d'humilité, de douceur, de piété : il fuira les propos futiles, les railleries. Son caractère sera pacifique, il ignorera l'envie. Il ne boira pas, ne pillera pas, ne volera pas. Surtout il observera avec une scrupuleuse attention, la pureté spirituelle et corporelle. S'il ne peut vivre dans la chasteté jusqu'à la fin, il se mariera et prendra femme. Il fera de fréquentes visites à ses pères spirituels, les informera de toute sa conduite, jeûnera et priera d'après leurs instructions et leurs leçons, aura des mœurs pures et chaste, ignorera l'impudence et le désordre.

 Il peindra avec un soin l'image de Notre Seigneur Jésus-Christ, de sa Très chaste Mère, des Saints prophètes, des Apôtres, des saints et des saintes qui ont subi le martyre, des femmes vénérables, des prélats, des Pères vénérables, selon la ressemblance, selon le type consacré; les yeux fixés sur les oeuvres des peintres précédents, il prendra pour modèle les meilleures icônes. Si ces peintres, nos contemporains vivent fidèles aux instructions qu'on leur a données, s'ils accomplissent avec soin cette oeuvre agréable à Dieu, ils seront récompensés, par le Tsar: les prélats veilleront sur eux et leur témoigneront plus de respect qu'aux gens du commun.

Ces peintres prendront des élèves, les surveilleront, leur enseigneront la piété et la pureté,, et les conduiront chez leurs pères spirituels; Ceux-ci leur apprendront, selon le règlement qu'ils tiennent de leurs évêques, quelle vie, exempte d'impudence et de désordre, convient à un chrétiens.

Que les élèves suivent avec attention les leçons de leurs maîtres. Si un élève, par la grâce de Dieu, révèle des dispositions artistiques, le maître le conduit chez l'évêque. Celui-ci examine l'icône peinte par l'élève, voit si elle reproduit l'image vraie et la ressemblance, fait une enquête approfondie sur son existence, s'informe s'il mène une vie pure et pieuse, selon les règles exempte de tout désordre. Il le bénit ensuite, l'invite à vivre désormais dans la piété, à pratiquer sa sainte profession avec un zèle infatigable, et lui donne les marques d'honneur qu'il accorde à son maitre, qu'il refuse aux gens d'humble condition. Ensuite l'évêque avertit le peintre qu'il ne doit favoriser ni son frère, ni son fils ni ses proches. Si quelqu'un, par la volonté de Dieu, est dénué de dispositions artistiques, s'il est un peintre médiocre ou si ne vit pas selon l'engagement régulier qu'il a pris, et que son maître le déclare expert et compétent; montre l'oeuvre d'un autre, attestant que cet élève en est l'auteur, l'évêque après enquête, infligera à ce maître les peines prévues, pour que d'autres, saisis de crainte, soient dissuadés de l'imiter : quant à l'élève, défense absolue lui sera faite de peindre des icônes.

 

Si un élève, par la volonté de Dieu, est doué de certaines aptitudes et vit selon l'engagement qu'il a pris, et que son maître le décrie par jalousie, pour le priver de l'honneur dont il jouit lui-même, l'évêque après enquête, infligera à ce maître les peines prévues et l'élève recevra un honneur plus grand encore.

 

Si l'un de ces peintres dissimule le talent que Dieu lui a donné et n'y fait pas participer effectivement ses élèves, il sera condamné par Dieu comme celui qui a enfoui son talent, aux peines éternelles. (1)

(1) Allusion à l'évangile selon saint Matthieu XXV, 14

Si l'un de ces maîtres ou si l'un de leurs élèves ne vit pas selon l'engagement régulier qu'il a pris, s'il s'enivre, vit dans l'impureté et dans le désordre, les évêques lui infligeront l'interdiction, lui défendront de peindre des icônes, redoutant la sentence du prophète : "Maudit soit celui qui pratique avec négligence l'oeuvre de Dieu " (2)

(2) Jérémie XLVIII, 10

A ceux qui jusqu'à présent ont peint des icônes, sans art, à leur fantaisie et à leur guise, sans souci de la ressemblance, on enlèvera leur oeuvres, on les vendra à vil prix à des gens simples et ignorants, dans les villages : leurs auteurs seront invités à demander des leçons à des peintres habiles.

 

Celui qui, par la grâce de Dieu, peut peindre, reproduire la forme et la ressemblance, qu'il peigne; celui que Dieu a privé de ce don, qu'on lui interdise la peinture des icônes, pour que sa maladresse ne soit pas une offense à Dieu. S'il en est qui contreviennent à cette défense, qu'il soit punis par le Tsar et mis en jugement. Si ces gens vous répondent : "ce métier nous fait vivre, c'est notre gagne-pain" ne vous arrêtez pas à cette objection, car elle est suggérée par leur ignorance, et ils ne sentent pas coupables d'aucun péché. Tous les hommes ne peuvent peindre des icônes : Dieu a donné aux hommes beaucoup de métiers divers, autre que la peinture des icônes, capables de les nourrir, d'assurer leur subsistance. L'image de Dieu ne soit pas être confiée à ceux qui la défigurent et la déshonorent.

 

Les archevêques et les évêques, dans toutes les villes, dans tous les villages, dans les monastères et leurs diocèses, inspecteront les peintres d'icônes et examineront personnellement leurs oeuvres. Ils choisiront, chacun dans son diocèse, les plus renommés de ces peintres et leur confèreront le droit d'inspecter leurs confrères, pour qu'il n'y ait pas parmi eux des peintres maladroits et grossiers. Les archevêques et les évêques inspecteront en personne ces peintres à qui ils ont confié l'inspection, et les contrôleront dans toute la rigueur: ces peintres seront entourés d'égards et recevront des marques particulières d'estime. Les grands seigneur, les gens d'humble condition honoreront ces peintres et respecteront leur art vénérable .

 

Les prélats veilleront, chacun dans son diocèse, avec soin et une attention infatigable, à ce que les bons peintres d'icônes et leurs élèves reproduisent les anciens modèles, à ce qu'ils s'abstiennent de toute fantaisie, à ce qu'ils ne figurent pas Dieu à l'aventure. Si le Christ notre Dieu a été figuré sous une enveloppe charnelle, la Divinité s'est dérobée aux peintres. Saint Jean de Damas (3) a dit :

(3) Ou Jean Damascène (mort en 753 dans la laure Saint-Sabas en Palestine). Il a composé des ouvrages de théologie, de polémique, d'exégèse : on lui en attribue certains qui ne peuvent lui appartenir.

 "Ne figurez pas la divinité : ne la travestissez pas, aveugles car elle échappe à vos yeux , elle est impénétrable à vos regards. En figurant l'enveloppe charnelle, je m'incline plein de foi, et je glorifie la Vierge qui a enfanté le Seigneur."

 

Si un peintre, instruit par des mains habiles et experts, cache le talent que Dieu lui a donné, n'instruit pas des d'élèves dans son art, qu'il soit condamné par le Christ, comme celui qui a enfoui son talent, aux peines éternelles. Peintres, instruisez donc vos élèves sans aucune restriction astucieuse, pour ne pas être condamnés aux peines éternelles.

   

 

  

   



17/08/2016
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