Saint-Pétersbourg

Saint-Pétersbourg

 

Statue de Pierre Premier

Ville de naissance du bienheureux Léonide

 

Ses noms suivent les différentes politiques Saint Pétersbourg à sa fondation par Pierre le Grand, Petrograd lors de la guerre contre les Allemands en 1914 puis Leningrad lors de la révolution bolchevique.

Saint-Pétersbourg connaît une histoire brève mais dense.

Saint-Pétersbourg est né d'un calcul politique et des terreurs d'enfant de Pierre le Grand.

La fondation

Les circonstances du choix de l'emplacement de Saint-Pétersbourg sont l'objet d'un mythe qui attribue à Pierre le Grand un rôle central. Selon cette légende, le tsar visionnaire aurait choisi au premier coup d'œil d'implanter sa future capitale dans une région de marécages dépourvue d'habitants située à l'embouchure de la Néva. L'illustration la plus connue de la « capitale sortie du néant » par la volonté créatrice d'un souverain inspiré se trouve dans le poème Le Cavalier de bronze d'Alexandre Pouchkine (1834).

 

En réalité, la région qui borde le cours inférieur de la Néva, l'Ingrie, était déjà peuplée par des Finno-ougriens qui vivaient depuis le Xe siècle essentiellement du travail de la terre. Au début du XIVe siècle, la Suède et la république de Novgorod se disputèrent le contrôle de cette région. Une colonie suédoise, sans doute située sur l'emplacement de la ville, fut détruite en 1301. Finalement, les deux puissances se mirent d'accord pour faire de la région une zone tampon dans laquelle aucune fortification ne pourrait être construite. Au cours des siècles suivants, la région servit de lieu de débarquement pour les navires empruntant la Néva et peut-être également de place commerciale. Ce dernier rôle est attesté à compter de 1611, date à laquelle les Suédois, profitant de leur suprématie du moment sur la région, construisent la forteresse de Nyenschantz ainsi qu'un peu plus tard la colonie de Nyen à proximité. Toutes deux se trouvaient sur l'emplacement actuel de Saint-Pétersbourg sur la rive nord (c'est-à-dire droite) de la Néva. Il existe également des preuves que la Suède envisageait, au XVIIe siècle, la construction d'une ville d'une taille supérieure. Mais les Suédois subirent un revers cinglant au cours de la première guerre russo-suédoise (1656) et la ville et la forteresse furent détruites par les troupes russes.

 

La construction du premier édifice par les Russes se situe en 1703 après la conquête définitive de Nyenschantz par les troupes russes placées sous les ordres de Cheremetev durant la Grande Guerre du Nord. Nyenschantz avait été préventivement évacuée et partiellement détruite par les Suédois. La date officielle de la fondation de la ville est le 16 mai 1703 (27 mai dans le calendrier grégorien) : ce jour-là, sur l'île des Lièvres (l'île Jänisaari en finnois), la première pierre de la forteresse Pierre-et-Paul, du nom des saints patrons du tsar, est posée[3].

 

 

Pierre le Grand ne semble pas avoir projeté, dès le début, de faire de la forteresse le noyau d'une ville de plus grande taille et a fortiori de sa future capitale. La fonction de la forteresse Pierre-et-Paul était en premier lieu de reprendre le rôle de Nyenschantz, c'est-à-dire de protéger l'accès à l'embouchure de la Néva mais, cette fois, au bénéfice des Russes. L'endroit était peu propice à la création d'une ville. Une grande partie des environs n'était pas cultivable. Le delta était fréquemment sujet à des inondations : celles-ci feront à plusieurs reprises de nombreuses victimes parmi les habitants de la ville.

 

En dépit de ce contexte défavorable, Pierre le Grand choisit finalement en 1706 d'y construire sa nouvelle capitale, sans doute parce que l'emplacement de Saint-Pétersbourg en fait un bon port maritime le plus souvent libre des glaces et bien relié au réseau fluvial de la Russie. Les armoiries de la ville, qui représentent un sceptre, une ancre de marine et un grappin de péniche illustrent bien ces motivations. Le deuxième atout de cet emplacement est la proximité de l'Europe occidentale, que Pierre le Grand souhaite utiliser pour moderniser la Russie. Une fois ses intentions arrêtées, Pierre y consacre une grande partie des ressources de la Russie dans la tradition autocratique des tsars russes sans ménager le sang de son peuple : ce sont 30 000 serfs en 1706, puis 40 000 en 1707 qui sont enrôlés de force pour édifier la ville. Pour faire face à la pénurie de maçons, la construction de bâtiments en pierre est interdite en 1714 dans toute la Russie tant que les travaux sur les fondations de la ville sont en cours. Les conditions de travail sont éprouvantes : on estime que des dizaines de milliers de travailleurs et de serfs trouvent la mort, victimes de la fièvre des marais (marais de l'Ingrie), du scorbut, de la dysenterie ou tout simplement morts de faim ou d'épuisement. Une grande partie de la ville repose sur des pilotis mais les habitants ont coutume de dire que la ville est bâtie sur les squelettes de ses constructeurs. Au début, près de la moitié des ouvriers contraints à travailler réussissent à s'enfuir vers le nord-ouest. Les ouvriers qui sont rattrapés sont sévèrement punis. Les premières années, le chantier est menacé par un revers des armées russes face aux troupes suédoises qui ont pénétré profondément dans le pays : la défaite des Suédois à la bataille de Poltava en 1709 écarte finalement tout danger (la paix est signée en 1721).

 

Eau-forte : Saint-Pétersbourg en 1753

 

En 1712, la Cour, les ambassades et le sénat sont transférés dans la nouvelle capitale. Pour peupler Saint-Pétersbourg, Pierre le Grand donne l'ordre aux principales familles nobles de Moscou de s'installer dans la nouvelle ville. Celles-ci sont contraintes d'emménager avec toute leur maisonnée dans des constructions dont l'apparence et les dimensions sont imposées et qui sont construites à leurs frais. Tous les habitants sont contraints de planter des arbres. Dès 1714, 50 000 logements sont occupés ; Saint-Pétersbourg est la première ville de Russie à disposer d'une police municipale et d'un système de couvre-feu qui fonctionne. Le centre-ville est éclairé la nuit.

 L'épanouissement[modifier]

Palais Marie en 1849
Place Saint-Isaac à la fin du XIXe siècle

Pierre le Grand fait venir dès la création de la ville des artisans et des ingénieurs de toute l'Europe, en particulier des Pays-Bas, pour faire de la ville un centre majeur des techniques et des sciences.

Après la mort de Pierre le Grand en 1725, l'enthousiasme des souverains russes pour la « fenêtre sur l'Occident » retombe. En 1728, d'après l'ordre de l'empereur Pierre II, Moscou redevient la capitale, mais en 1730 il meurt et avec l'arrivée au pouvoir d'Anne Saint-Pétersbourg retrouve la priorité. Elle redevient la capitale de la Russie. Les travaux menés par Anne ont laissé une profonde empreinte dans le Saint-Pétersbourg d'aujourd'hui : elle fait construire le centre-ville du quartier de Pétrograd sur la rive de la Néva côté Amirauté et fait tracer les grandes avenues : les perspectives Nevsky et Voznessenski, la Gorokhovaïa Oulitsa. Pourtant elle préfère Moscou où elle réside le plus fréquemment.

Les impératrices Élisabeth (1741-1761) et surtout Catherine II renforcent la politique d'ouverture vers l'Europe occidentale et font venir à Saint-Pétersbourg des artistes et des architectes. Les prestigieux bâtiments qui ont forgé l'image de la ville sont construits sous le règne d'Elisabeth : elle fait ainsi édifier le palais d'hiver et le monastère Smolny. Elle fait reconstruire le palais de Catherine (sa mère) en ayant recours à l'architecte baroque d'origine italienne Bartolomeo Rastrelli qui réalise plusieurs des grands bâtiments de la ville. Catherine II est sans doute la personne qui, après Pierre le Grand, a joué le rôle le plus décisif dans le destin de Saint-Pétersbourg. C'est une représentante du siècle des Lumières, au moins jusqu'à la Révolution française, et elle fait fortement progresser la culture et l'art. Catherine II crée 25 établissements académiques ainsi que l'institut Smolny, la première école publique russe pour les filles. La statue équestre de Pierre le Grand, monument emblématique de la ville, date également de son règne.

Palais Gatchina, fin du XIXe siècle

À la fin du XVIIIe siècle et durant la première moitié du XIXe siècle, la ville connaît un épanouissement, d'abord culturel, puis scientifique et technique. La première école de ballet russe est créée en 1738. En 1757, c'est au tour de l'académie impériale des beaux-arts dans laquelle sont formés encore aujourd'hui peintres, sculpteurs et architectes. Des universités et des bibliothèques sont créés : en 1783 s'ouvre le théâtre Mariinsky, dans lequel seront joués les premiers opéras russes de Mikhaïl Glinka. En 1804, l'académie du génie Nicolas est ouverte puis, en 1819, l'université d'État de Saint-Pétersbourg.

La suppression du servage en Russie par Alexandre II en 1861 fait affluer dans la ville un grand nombre de paysans qui ne peuvent se nourrir sur les terres qui leur ont été attribuées. La population augmente très rapidement en quelques années. Les écrivains et les intellectuels se réunissent dans des cercles littéraires et publient des dictionnaires et des revues. Parmi les principales revues, l’Étoile polaire de Ryleïev et Bestouchev et Le Contemporain d'Alexandre Pouchkine.

Le complexe du Musée de l'Ermitage: De gauche à droite : Théâtre ErmitageVieil ErmitagePetit ErmitagePalais d'Hiver (le Nouvel Ermitage n'est pas visible derrière le Vieil Ermitage).

 

Soulèvements, attentats et révolutions[modifier]

Le 22 janvier 1905, l'armée mitraille la foule assemblée devant le Palais d'hiver (reconstitution). Appelé Dimanche rouge, l'événement lance la révolution de 1905

.

Les principales grèves, révoltes et révolutions de la période moderne de l’histoire russe, depuis la révolte des décembristes en 1825 jusqu’à la Révolution russe, ont lieu à Saint-Pétersbourg. À la fin du XIXe siècle, les troubles et les petits soulèvements sont un phénomène fréquent dans la ville.

La Perspective Nevski en 1901

Celle-ci est le théâtre d’un grand nombre d’attentats contre des représentants de l'empereur et de l’administration russes, le plus connu étant l'assassinat d'Alexandre II en 1881. Port et ville industrielle importante[4], sa population ouvrière est nombreuse et sensible aux idées socialistes dès la fin du XIXe siècle.

Des partis et associations révolutionnaires sont créés à Saint-Pétersbourg et réprimés de manière sanglante par la police. La révolution de 1905 se déclenche à Saint-Pétersbourg durant l’épisode du dimanche rouge. À la suite de cette révolution, la deuxième douma de l’histoire de Russie est convoquée dans la ville. La révolution de février 1917 a également lieu pour l’essentiel à Saint-Pétersbourg. Le signal de départ de la Révolution d’Octobre, la même année, est un coup de canon tiré par le croiseur Aurore ancré dans le port de Pétrograd. Lénine transfère la capitale à Moscou peu après. En 1921, le port voisin de Cronstadt est le centre d’un soulèvement de marins contre la dictature des bolcheviks qui est réprimée dans le sang par Léon Trotski.

Léningrad

Lénine et Trotski à Pétrograd en 1921 au milieu des soldats de l'Armée Rouge

La population de la ville qui avait atteint plus de 2 millions d'habitants avant la révolution est divisée par trois : l'émigration de la noblesse, d'une grande partie de l'intelligentsia ainsi que des classes aisées libèrent des centaines de milliers d'appartements au cœur de la ville qui sont rapidement transformés en appartements communautaires par les familles ouvrières venues de la périphérie. La famine due à la guerre civile (1917-1923) chasse les habitants. La perte du statut de capitale entraîne le transfert de beaucoup d'emplois vers Moscou.

Après la mort de Lénine en 1924, l’ancienne ville des tsars est rebaptisée Léningrad. Le centre du pouvoir soviétique se déplace à Moscou. Staline écarte les dirigeants du parti communiste de Léningrad qui exercent encore une influence sur la direction de l’État soviétique : en décembre 1934, le responsable du parti à Léningrad, Sergueï Kirov, est assassiné à l'institut Smolny. L'assassinat sert de prétexte au déclenchement d'une féroce répression dans la région de Léningrad d'abord, puis dans toute l'URSS (Grandes Purges) qui vont décimer l'élite historique du parti et la population soviétique et permettre à Staline d'asseoir sa dictature : l’ancien président du soviet de Léningrad Grigori Zinoviev est, avec Lev Kamenev, l'une des victimes les plus connues.

L’opposition entre Moscou et Léningrad se manifeste également à cette époque à travers la stratégie de développement de la ville. Le nouveau plan d’urbanisme de Léningrad prévoit de déplacer le centre de la ville autour de la nouvelle Place de Moscou et de l’avenue de Moscou (Moscou Prospekt), au sud des quartiers historiques. La forme et les noms choisis sont destinés à nier le rôle historique de la ville et à la faire rentrer dans le rang des villes soviétiques. Le centre-ville hérité de l'ancien régime est laissé à l'abandon, les monuments religieux sont fermés ou reconvertis, et de nombreuses appellations sont modifiées (la perspective Nevski devient l'« avenue du 25 octobre »).

La campagne de collectivisation des terres (1929-1933) entraîne l'arrivée de centaines de milliers de paysans qui se font embaucher dans les usines locales. La population remonte à près de 3 millions d'habitants à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

http://youtu.be/D_SgM-8tBAA

www.russieautrement.com

 cartes sur <A href="http://www.worldmapfinder.com/GoogleMaps/Fr_Europe_Russia_Sankt-Peterburg.html" title="Google - Carte Saint-Pétersbourg - Carte Saint-Pétersbourg sur WorldMapFinder.com">Google - Carte Saint-Pétersbourg</A>

 

 



16/05/2015
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