Père Alexandre Men V

Le signal d'alarme

Un des derniers écrits du Père Men

Texte russe dans "Ogoniok" n° 18 1990 Publié dans Plamja 1991 n° 80

De toutes les extrémités de la terre retentit un signal d'alarme. Un appel au secours... La menace d'une maladie mortelle plane sur notre monde. Sur notre pays. Sur nos enfants. Sur tout notre avenir.

 

Si nous ne passons pas tout de suite aux paroles et aux actes, sous peu il sera trop tard". Alors ils se dresseront peuple contre peuple, royaume contre royaume. Il y aura des famines et des tremblements de terre en divers lieux." (Mt 24.7)

 

Ce n'est pas la première fois que se vérifient les prophéties menaçantes de la Bible. Il a été donné à l'homme de choisir entre deux routes : "Vois, aujourd'hui, dit le prophète, je mets devant toi la vie et le bien, la mort et le mal, (Deut. 30.15). Hélas, ils sont trop nombreux ceux qui ont préféré le chemin de la mort et du mal.

 

Aujourd'hui, au crépuscule du XXe siècle, ces paroles prophétiques tirées de la Bible, nous pouvons le lire dans le livre de l'histoire. Cette dernière nous enseigne inlassablement que le mal porte en lui sa propre punition. 

 

La violence exercée sur les personnes, sur leur liberté et sur leur conscience a engendré des traîtres, des délateurs, des esclaves. Les guerres, la terreur, les violations du droit ont tué des peuples entiers, détruit leur âme, leur culture, les fondements de leur vie morale.

 

Nous avions été prévenus.

 

La Parole de Dieu nous avait prédit depuis longtemps où conduit la tyrannie, le nationalisme, la perte du sens spirituel, la perte des sentiments humains, l'incrédulité et l'orgueil satanique.

 

Malgré tout, nous n'avons pas réfléchi. Nous n'avons pas compris la nécessité du repentir.

 

Et maintenant, voici encore un nouvel ennemi qui se présente. Un ennemi intérieur.

 

Son nom est irresponsabilité  et indifférence.

Par la volonté de notre Créateur, notre vie est structurée de telle manière que nous sommes liés les uns aux autres par des milliers de liens. C'est l'homme qui transmet à son semblable le savoir, la tradition, les fruits du travail, la foi, l'amour et la vie elle-même. Mais en vertu de cette même loi, les hommes, peuvent devenir les porteurs de l'épidémie du mal.

 

C'est donc que nous sommes responsables les uns des autres. C'est donc que l'indifférence est un crime, un péché.

 

L'irresponsabilité, le refus de se préoccuper du prochain, c'est un péché contre le commandement du Christ, qui nous enseigne à vaincre l'égoïsme, porteur de mort. L'Evangile nous avertit : si nous ne nous repentons pas, si nous ne portons pas des "fruits de pénitence" , si ne nous écartons pas de la voie de l'égoïsme, c'est nous finalement qui serons les victimes des forces aveugles de destruction. (Luc 13.4-5)

 

N'est-ce pas l'indifférence et l'irresponsabilité qui ont conduit à la violation de toutes les lois humaines et divines.

 

 N'est-ce pas là que se trouvent les causes des frayeurs apocalyptiques à Semipalatinsk, à Tchernobyl et en d'autres lieux?

 

Aujourd'hui, et les suppliant et en les adjurant, je m'adresse à ceux qui se sont consacrés à soigner les gens. Aux serviteurs et aux héros de la science bienheureuse qui cherchant à guérir et qui travaillent sous le signe du Christ, sous le signe de la croix !

 

Plus que d'autres, vous êtes conscients de l'ampleur de la tragédie, plus que d'autres vous comprenez que nous sommes au bord du gouffre. La sinistre épidémie se répand en s'accélérant. Encore un peu de temps et ses conséquences seront irréversibles.

 

Vous savez bien aussi que, en raison de la crise de toute notre économie notre pays manque de façon catastrophique de ces instruments dont on ne se sert qu'une fois et qui sont tellement indispensables.

Par bonheur, voilà qu'il y a des gens et des organisations, chez nous comme à l'étranger, qui font tout ce qu'ils peuvent pour arrêter le malheur qui s'approche.

 

Notre espoir nous la mettons dans l'aide de Dieu, lui qui inspire les cœurs charitables et qui dirige les mains charitables.

 

Notre réponse à cette aide de Dieu ne doit pas se traduire seulement par de la gratitude mais par une prise de conscience complète de notre devoir, de cette responsabilité qui nous incombe.

 

Parmi les membres du personnel médical se trouve bon nombre de croyants, je m'adresse à eux : je vous adjure, au nom du Seigneur, de ne pas enfreindre les prescriptions concernant l'usage de ces instruments dont on ne se sert qu'une fois. Une seconde utilisation met en danger la vie des gens, la vie des enfants. Et cela vous le savez.

 

Quand vous aurez la tentation de transgresser cette loi, que résonne fort en vous, la voix de la conscience, elle qui a été en nous par Dieu. Souvenez-vous à cet instant, que se trouve entre vos mains la vie ou la mort.

 

Je m'adresse aussi à ceux qui ne professent aucune religion. Vous aussi, vous êtes faits à l'image du Créateur, et il vous a fait don d'un esprit de conscience. Tous, nous aurons à répondre de nos frères, de nos sœurs, de nos enfants.

 

Nous avons trop longtemps piétiné la vérité, la foi, la charité.

 

Nous avons engrangé une terrible moisson de crimes, de drogues, de folie et de haine. Une moisson de besoins et de maladies.

 

De tout cela je le répète, nous avions été prévenus par la parole de Dieu.

 

On ne peut plus tenter davantage le destin.

 

C'est l'heure de la dernière épreuve.

 

Texte russe dans Ogoniok n°18, 1990 publié dans Plamia 1991 n° 80

 

 

 



26/09/2016
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